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Diagonale des fous 2014 : Voyage au bout de la nuit !!!

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La première chose qui me vient à l’idée en débutant ce récit, c’est de vous dire MERCI !!! Tous vos messages, coups de fil, et bien entendu votre présence sur le parcours ont été de véritables bouées de secours et sans vous, je n’aurais peut-être jamais réussi à terminer ce voyage !! Car oui, la Diagonale est un voyage … Une aventure humaine d’où l’on revient différent avec des tas d’anecdotes improbables, des grands moments de solitude et de souffrances mais aussi d’explosions de joie, de partage et d’entraide. Je n’oublierai jamais ces 45 heures qui m’auront appris l’humilité et le dépassement de soi.

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Et bien nous y voilà !!! Des mois que cette course occupe mes pensées et mes journées ;-) Ce jeudi 23 Octobre, assise sur le sol poussiéreux de l’aire de départ, mon rêve est en train de se réaliser ; plus question de douter, dans quelques minutes, le départ sera donné et je n’ai qu’une idée en tête : arriver à la Redoute dans 175 km, 10500 D+, le plus rapidement possible !!

Préparatifs en mode je réalise que ça va pas être du gâteau l’histoire ;-)

Crédit photo L'Effet Péi

Crédit photo L’Effet Péi

Cela fait quelques jours que nous sommes arrivés à la Réunion Nico et moi. Nous profitons de ce temps de repos à la case papang où nous logeons : un vrai écrin de verdure et un havre de paix avec vue sur l’océan !! Bon, chacun à sa manière : Nico préfère lézarder au bord de la piscine ;-)

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Et la grande angoissée que je suis, ne peut s’empêcher de faire et refaire la course, les sacs, les pires et meilleurs scénarios ;-) Que c’est difficile de se projeter sur un tel parcours !! Surtout que, pour nous, c’est une première sur une telle distance : comment gérer le sommeil, l’alimentation, les temps de passage, le matériel, … est ce qu’on va être capable d’arriver au bout malgré une bonne préparation …. Peut-on espérer une performance …

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La très bonne nouvelle de dernière minute, c’est que nous aurons une assistance de choc sur le parcours grâce à Mag, Maelou, et Nina (mes cousines et petites cousines), à Hélo et Yo (des amis qui viennent de s’installer sur l’île), à Céline (une amie qui compte camper à Marla) et à Sarah (en vacances pour une traversée de l’île). Bref, ça rassure beaucoup de savoir qu’on aura du monde sur le parcours en cas de pépin mais surtout pour nous apporter réconfort et encouragements ; il s’avèrera que ces moments partagés seront de véritables bouffées d’oxygène face à la difficulté de ce périple.
Nous avons aussi eu la chance d’aller admirer le panorama au sommet du Maido avec Jean Phi ( finisher de la Diagonale l’année précédente !!) Nous ne loupons pas une miette de sa description du parcours et de ses conseils, en suivant les tous petits sentiers escarpés du cirque de Mafate, accessibles uniquement à pieds. A ce moment, on ne se rend compte pas de l’ampleur de ce qui nous attend et on se demande bien à quelle sauce on va être mangés ;-) Ce qui est certains, c’est que la vue est grandiose et qu’on se sent vraiment tout petit dans ce cadre somptueux (encore merci Jean Phi pour cette super journée !!)

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Puis, arrivent les copains : Fabrice, Axelle, Tonio, Ju, Guillaume et sa famille. C’est l’occasion de déstresser à la plage en attendant le jour J.

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Jour J : En mode sereine.

Bizarrement, je me lève super détendue ce Jeudi et profite d’une très longue grasse matinée et d’une bonne sieste l’après-midi. C’est donc serein et reposés que nous quittons notre petit paradis pour rejoindre les rues animées de Saint Pierre où sera donné le départ dans quelques heures. On prend un dernier repas en bord de mer avec Fabrice, Tonio et Axelle en profitant de l’effervescence qui règne tout autour de nous.
Ca y est, il est temps de rentrer dans l’arène !!! Nous pénétrons dans le sas de départ assez tôt pour pouvoir espérer être bien placé sur la ligne de départ. Après avoir dispatchés nos sacs d’allègements et après vérification du matériel obligatoire, Guillaume nous a rejoint, nous nous asseyons et attendons patiemment que les grilles s’ouvrent enfin vers la grande arche !!! Les coureurs s’accumulent et c’est très impressionnant, voire effrayant de sentir tout ce monde dans les starting blocs à l’arrière. L’ambiance monte d’un cran lorsque les coureurs élite défilent sur le plateau télé aménagé sur le site ; d’ailleurs, il est temps pour eux de rejoindre le sas qu’il leur est réservé ; départ dans 15 minutes …

Crédit photo Lechat Ronan photographe

Crédit photo Lechat Ronan photographe

Et voilà, les grilles tombent, il est temps de rejoindre ou plutôt de sprinter vers la ligne de départ !!! J’ai juste le temps d’attraper la main de Nico avant de me faire emporter par un flot de coureurs survoltés !! Je crie : “Mais ils sont malades !!!” ; certains perdent leurs bidons, casquettes, d’autres trébuchent, … On a déjà perdu Fabrice alors que le départ n’a même pas été donné … On finit quand même par arriver à se faufiler près de lui. Cette fois on y est !!

Départ en mode « et si c’était ma course » !!

Comme d’habitude, Ludo met le feu sur la ligne !!! Le décompte est donné et c’est dans une ambiance de folie que les 2500 coureurs s’élancent sur le front de mer de Saint Pierre !! C’est extraordinaire ; des milliers de spectateurs sont rassemblés sur des kilomètres pour nous applaudir, je n’ai jamais vécu quelque chose de pareil.

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Sur le premier kilomètre on essaye de se faire une place au milieu de tout ce monde et je suis Fabrice de près. Il court à un rythme régulier et qui me convient plutôt bien (je m’étais promis de ne pas partir trop vite et de ralentir si j’étais essoufflée). Je me sens pousser des ailes, portée par tous ces encouragements et je n’arrive pas à savoir si je vais trop vite ou pas … d’ailleurs, je n’ai pas mis mon GPS en marche étant donné qu’il n’a pas assez d’autonomie pour cette course ; du coup, je fais à la sensation et décide de rester avec Fabrice le plus longtemps possible (c’est quand même bien agréable de courir à 2 et surtout très rassurant !!!) Lorsque je me retourne, je ne vois plus mon Nico et Guillaume, je me dis que la course sera longue et qu’on aura peut-être la chance de se retrouver plus tard.
Les 24 premiers kilomètres sont assez roulants en montée douce et régulière à travers des pistes poussiéreuses au milieu des champs de canne à sucre ; l’effervescence est un peu redescendue et c’est très agréable de courir dans la douceur de la nuit au milieu de ce serpentin de frontales. Sur cette portion, je double Juliette Blanchet (du Taillefer Trail Team dont je fais partie depuis peu), future seconde de la course et je me dis que je dois quand même aller trop vite là … Mais j’ai des supers sensations et je me régale de courir au côté de Fab qui a une gestion de course parfaite ; alors pourquoi ralentir ?? Ce qui est pris, est pris !!
Après Mont vert les hauts, le sentier se resserre pour traverser une forêt où c’est un peu le bazar : branches, racines, troncs d’arbre, … Pour le moment tout cela m’amuse et je joue les Indiana Jones sur ces quelques kilomètres.
Je double quelques coureuses dans la montée vers Piton Sec où les conditions météos se dégradent rapidement : vent, pluie, froid, … J’enfile ma veste imperméable (zut, trop petite pour se fermer par-dessus mon sac, grrr, je vais devoir jongler avec à chaque averse !!)

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Je pointe à Piton Textor au 40ème kilomètre vers 4 h du matin en 78ème position et 1 ère sénior femme !! Je n’ai pas vu le temps passer depuis le début de la course et ne me sens pas du tout fatiguée ; par contre, je commence à avoir froid et je prends le temps de m’habiller pour entamer la descente vers Mare à Boue ; Fab qui se gèle en m’attendant préfère continuer doucement et j’espère parvenir à le rejoindre ; je ne le reverrai que le lendemain de l’arrivée ;-)
Après avoir rechargé en eau et m’être ravitaillée, j’entame donc la descente pleine d’entrain mais je vais vite déchanter en faisant quelques glissades sur les roches mouillées et en faisant un arrêt pipi à 30 cm d’un précipice ; je décide de lever le pied.
L’arrivée à Mare à Boue se fait en même temps que celle du jour mais pas du soleil !!! Il pleut depuis plusieurs heures et je suis un peu déçue de ne pas profiter du panorama (j’espère vraiment pouvoir apprécié le prochain crépuscule) ; en plus, je me dis que vue mon avance, ma cousine ne sera certainement pas là (moi qui rêvait de la voir au milieu de toute cette grisaille…)
Bouffée d’oxygène n° 1 : C’est Axelle avec qui j’ai le bonheur de faire quelques foulées avant le ravito ; que c’est bon de papoter un peu !! Je prends des nouvelles de Fab qui a pris pas mal d’avance et de Nico et Guillaume qui ont pris pas mal de retard ;-) A la sortie du ravito (une soupe express vue la température), SURPRISE !! Je vois ma Mag, Maelou et Nina emmitouflées sous leurs couettes et sous la pluie battante !!! Quel bonheur !!! Je sais à quel point, elles ont galéré pour venir jusqu’ici depuis Saint Leu … elles m’encouragent, me ravitaillent et me voilà partie reboostée pour la suite de l’aventure !!

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La traversée du plateau Kervegen et la descente vers Cilaos se font toujours dans les mêmes conditions météos et, si jusqu’à présent, le froid m’avait épargné, il commence à être difficile à supporter dans cette portion … Je suis trempée et grelotte en glissant sur les échelles et en trébuchant dans les racines. Pour ne rien gâché, ça fait pas mal de temps que je cours seule et je commence à trouver le temps très long … Pourtant, j’attendais cette descente avec impatience mais la technicité du terrain rends ma progression difficile et je râle de ne pas pouvoir me lâcher comme j’aime tant le faire habituellement.
Heureusement, les conditions s’améliorent petit à petit et c’est sous un rayon de soleil que j’arrive enfin à Cilaos vers 8 h 00 du matin au 65ème kilomètre en 10 h16, en 83ème position et 2ème SF.

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Là, je réalise que je n’ai fait qu’un tiers de la course !!! Je prends conscience que je ne serais jamais capable de tenir ce rythme si je veux avoir une chance de voir l’arrivée. Pourtant, je me sens bien d’un point de vue musculaire, aucune douleur et le moral est au beau fixe =) J’ai surtout froid et je commence à avoir un peu sommeil. Je décide donc de prendre mon temps à cette base de vie : je récupère mon sac d’assistance, me fait masser par une super équipe de kiné, tente de faire sécher mes affaires sur la pelouse du stade pendant que je prends un repas chaud dans le gymnase. Malheureusement, j’avais prévu des rechanges pour Hell bourg (27 km plus loin) et j’aurai vraiment apprécié une douche et des vêtements secs … Je retarde le moment de partir car c’est très agréable de discuter sous le soleil du stade avec les bénévoles et coureurs qui arrivent après cette longue nuit pluvieuse et je n’ai vraiment pas envie de renfiler ma seconde peau, mes chaussettes et chaussures trempées  ;-) Pourtant quand faut y aller, faut y aller !!! Surtout que je vois que je suis restée presqu’une heure ici et je repars toujours aussi frigorifiée et fatiguée !! Un coucou à Tonio en sortant et c’est partie pour l’ascension du Bloc qui nous amène jusqu’au gîte du piton des neiges. (9 km, 1200 D+ tout de même !!!).

Progression en mode « j’oublie la perf !!! »

Premiers doutes : sur la portion de bitume qui nous conduit au pied du sentier, je suis partagée entre l’envie de continuer dans une dynamique de course ou sur un rythme plus cool en profitant plus des paysages et de l’ambiance de la course … je sympathise avec un coureur qui me motive à trottiner (je marchais en admirant la vue sur le cirque de Cilaos). Je relance donc le moteur et reste accrochée à lui durant toute la montée (encore merci à lui !!) Et quelle montée !! A chaque virage nous apercevons le village en contrebas tout en enjambant les marches et rondins de bois. La vue est superbe !! Malheureusement, plus nous montons et plus la météo se dégrade et c’est sous les nuages et un brouillard bien humide et froid que nous atteignons le gîte du piton de neige …. Ça y est, je suis à nouveau gelée !!!

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Pas question de trainer ici, il fait trop froid et la pluie recommence à tomber ; une seule idée en tête, arriver le plus rapidement possible à Hell bourg où m’attend Hélo avec des affaires sèches, de quoi me ravitailler et prendre une bonne douche que je rêve bouillante !!! Ce sera mon seul moteur pour les heures à venir.
Malheureusement, mon compagnon de route a filé et je me retrouve seule dans cette interminable descente très technique et glissante ; un vrai calvaire !!! Les appuis sont très instables et j’ai peur de chuter à chaque pas ; je me crispe, et m’épuise (c’est le monde à l’envers !!! je me régale autant en montée que ce que je souffre en descente !!!) Je n’ai jamais vu autant de difficultés dans une descente : racines, boue, échelles, troncs d’arbres, marches, … D’ailleurs, je n’arrête pas de me faire doubler ici !!! Cette fois je mets définitivement une croix sur le chrono et essaye de positiver de toutes les manières possibles (je me dis que c’est une longue et belle randonnée et que je n’ai aucune pression, je pense à mon Nico et espère le voir arriver derrière, que d’ici peu je verrais ma copine qui va me bichonner, que je suis en train de vivre quelque chose d’exceptionnel, ….)

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J’arrive au gîte de Bélouve complètement démoralisée … Les larmes me montent aux yeux lorsque j’appelle Nico pour la première fois depuis le début de la course : « c’est trop dur, je t’attends à Hellbourg, j’ai froid, j’ai sommeil, je suis seule, j’en ai marre, je crois que vais arrêter,…. » Tout y passe et je m’en veux en raccrochant car je me dis que j’ai dû lui mettre un sacré de cafard à lui aussi … Il m’apprendra plus tard, qu’au contraire, il avait été plutôt content de voir que je galérais aussi et que ça l’avait motivé ;-) Une bénévole me voyant en pleur, vient à ma rencontre et me chouchoute en m’apportant un café chaud et en me rassurant sur la suite de la descente beaucoup moins difficile et en m’assurant un magnifique soleil plus bas ; un immense bravo pour leur soutien tout au long du parcours =)
Bref, je repars mitigée et finis par arriver à Hell Bourg au 87ème kilomètre (mi-parcours) vers 15 h en 16 h17 de course, 136ème et 5ème SEF. Le soleil est là et je suis très heureuse de retrouver la civilisation et de profiter des jolies rues de ce village aux cases colorées.
Bouffée d’oxygène n°2 : Soudain, j’entends « Allez Aude !!!! » ; c’est Helo qui m’attends à l’entrée du ravito ; quel bonheur de la voir !! En quelques secondes, je retrouve le sourire !! Elle est à fond !! Elle m’amène mon sac pour que je puisse aller me doucher et que c’est bon !!! Je reste sous l’eau chaude de longues minutes « je ne veux pas sortir !!! », je me réchauffe petit à petit, enfile des vêtements propres et secs, file me ravitailler et la rejoins à la sortie en lui expliquant mes derniers malheurs et l’énorme envie de dormir qui me tiraille depuis quelques heures ; on se dirige vers sa voiture où j’ai droit à un campement 5 étoiles grâce à une tente quechua et un bon lit douillet !!! Mais combien de temps dormir ?? Je n’ai aucune expérience en micro sieste et j’ai peur de ne pas arriver à repartir si je dors trop longtemps. Allons pour ¼ heure =) Et quel luxe !!! Je tombe dans les bras de Morphée dans la minute et me réveille presque comme après une nuit complète ; incroyable !!!

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Comme toutes les bonnes choses ont une fin, il est temps de se remettre en route et c’est au tour de Yo de m’accompagner en trottinant sur les 2 kilomètres de bitume suivant ; il s’est mis au trail lui aussi et je lui explique c’est le début de la course de la Mascareignes qu’il compte faire l’an prochain. Leur enthousiasme m’a donné des ailes et c’est, motivée à bloc, que j’entame la montée vers la plaine des Merles au soleil couchant avec vue imprenable sur le cirque de Salazie (des images qui resteront longtemps gravées) et en pensant à la chance que nous avons Nico et moi d’avoir de tels amis <3.

Une nuit en mode « rencontres du 3ème type ;-) »

C’est au pied de la côte que la nuit tombe et que le froid refait son apparition ; brrr !! La montée est longue mais se passe plutôt bien et j’arrive même à doubler pas mal de coureurs durant celle-ci ; j’essaye de rester régulière et de ne pas m’arrêter pour ne pas être emporter par les griffes du froid ;-) Lorsque j’arrive à Plaine des merles, c’est un peu l’apocalypse visuellement : des tas de coureurs dorment grelottants sous leur couverture de survie et je vois l’enveloppe des abandons déborder de dossards ; d’ailleurs, un bénévole nous prévient : « derrière, vous entrez dans Mafate, soit 10/ 12 h de course et le seul moyen de sortir est l’hélico. Réfléchissez, si vous voulez arrêter, c’est maintenant … » Gloups, pas très rassurant tout ça. Surtout que nous sommes à 100 kilomètres de course, que je ne suis jamais allée au-delà et que mes jambes commencent sérieusement à tirer ; mon pauvre corps doit bien se demander pourquoi je lui fais subir tout ça ;-) Le doute s’installe à nouveau … Mais rien que l’idée de devoir redescendre tout ce que je viens de monter suffit à me motiver pour continuer. Prochain point de répit : Marla.
Je descends donc dans le mythique cirque de Mafate par un agréable sentier au milieu des tamarins. Il fait doux et il règne ici une atmosphère particulièrement apaisante. Je suis seule mais je suis sereine ; je pense à beaucoup de choses : au « pourquoi » j’ai ce besoins d’aller chercher mes limites comme ça, à ma vie , à mes projets à venir, à ma famille, à mes amis, à mon boulot, à mon papa qui doit me regarder depuis une de ces étoiles, à mon Nico (comment va-t-il ? pourvu qu’il n’ait pas abandonné) , je parle même toute seule …et c’est à ce moment qu’une irrésistible envie de dormir me saisit. J’essaye de me résonner en me disant que Marla est tout proche et que je devrais y retrouver Céline et Sarah avec leurs tentes et duvets mais ça fait quand même 22 h que je cours et surtout je commence à m’endormir en marchant ; allez hop , ni une ni deux, je sors ma couverture de survie et décide de m’assoupir ¼ heure sur un moelleux matelas d’herbes. Le réveil sonne : hop, hop !!, on remballe la couverture (en boule dans le sac) et je repars sans tituber vers Marla. Je croise quelques habitants du cirque qui m’encouragent devant leur maison en me proposant à boire et à manger « la pauvre dame, elle est toute seule, courage !! » C’est vrai que c’est tellement improbable de se retrouver ici, en pleine nuit ; je donnerais n’importe quoi pour me reposer quelques heures dans leurs petites cases si accueillantes.
Un panneau indique Marla à 20 minutes ; enfin !! Et j’entends au loin de la musique et des applaudissements ; j’y suis, je vais pouvoir sortir de cette solitude qui commence à être très pesante.
Sacré ambiance ici !!! Chez Jimmy (un gite du village), les spectateurs font la fiesta sono à fond en attendant les coureurs.
Bouffée d’oxygène n°3 : je vois Céline et Sarah qui dansent en m’applaudissant (quel paradoxe après les heures de solitude « into the wild » vécues précédemment). Elles assurent comme des bêtes : j’ai droit à une heure de dodo dans un duvet bien chaud. A mon réveil, je file prendre un café et leur fait part de mes doutes quant à mes capacités à terminer l’aventure … Je me sens vidée de toute énergie et j’ai de plus en plus de mal à trouver la force de trottiner lorsque le terrain le permet. Elles sont intransigeantes, pas question d’abandonner, elles me donnent beaucoup d’énergie à toutes les 2. J’appelle Denis (notre zinzin reporter national) pour lui dire que Sarah (qu’il connaît bien) est à Marla et qu’il peut dormir dans de bonnes conditions ici ; il est à Pleine des Merles et pas très en forme … Puis je prends des nouvelles de Nico, lui aussi est là-haut, à bout dans le froid et la pluie toujours accompagné de Guillaume. Le trio finira par se retrouver pour un bout de chemin (et de rigolade) ensemble. Je pars de Marla accompagnée par mes 2 anges gardiens vers 1 h du matin, rassurée de les savoir en course. La descente vers 3 Roches se fait dans la bonne humeur et me remet dans la réalité (je commençais sérieusement à divaguer avant Marla) ;-) Il est temps de se quitter ; merci les filles, j’ai beaucoup apprécié ce moment et j’ai souvent pensé à vous ensuite =)
J’enchaîne ensuite montées et descentes avec un groupe de coureurs d’un bon rythme et nous nous relayons dans la nuit mafataise sur des sentiers toujours aussi agréables ; j’aime beaucoup ce partage et cette entraide où chacun donne tout ce qu’il a de positif pour motiver les autres. C’est ainsi que nous atteignons Roche Plate dans la bonne humeur.
Il est temps d’attaquer l’emblématique montée du Maïdo (environ 5 km /1000 D+) qui nous sortira du cirque de Mafate. Un cap de plus à franchir qui nous rapprochera de l’arrivée. Notre petit groupe s’est égrainé et c’est à 2 que nous entamons l’ascension de cette « falaise ». Nous montons d’un pas lent mais régulier en scrutant la roche car nous savons que des inscriptions indiquent notre progression. Lorsque je lève les yeux, j’aperçois les frontales des coureurs au sommet (oulala !! Je préfère penser que se sont des étoiles ;-) Je suis surprise lorsque je vois l’inscription Maïdo 75%/25% ; déjà !! Bah, fallait pas s’en faire une montagne ;-)
Bouffée d’oxygène n° 4 : au sommet, Yo est là ; il est pourtant 5 h du matin et il fait un froid de canard !! En plus, c’est assez lugubre ici : des coureurs exténués arrivent pour s’emmitoufler frigorifiés au bord du chemin … Comme toujours, je prends un maximum d’énergie dans ces encouragements. Il m’accompagne un moment et nous convenons de nous rejoindre à Sans Souci à « seulement » 2 heures de descente agréable d’après un bénévole. Je lui propose de se rejoindre dans un café avec des croissants ;-) « Mais, ça va pas, c’est une course quand même !! » Bon, le ptit déj en terrasse attendra …

Descente vers la civilisation en mode : je parle aux fleurs et aux oiseaux ;-)

Mon compagnon de la nuit a dû faire un arrêt prolongé à ce dernier ravitaillement car il avait besoins de dormir et souffrait de nausées. C’est donc seule que j’entame cette descente. Les premiers kilomètres sont fabuleux : je trottine sur un sentier tout lisse à flanc de falaise avec un magnifique levé de soleil sur le cirque ; j’aperçois même quelques lueurs de frontales en contrebas (une pensée pour Nico). C’est irréel de voir tout ça !!
Au fil de la descente, la solitude ne m’aide pas vraiment à lutter contre le sommeil et je me rends compte que je m’endors en marchant … Je n’arrive pas à m’accrocher aux coureurs qui me doublent ; d’ailleurs, je n’arrive plus à courir. Je décide donc de sortir une nouvelle fois ma couverture de survie pour un mini dodo de 15 minutes sous le doux soleil du matin et face à ce magnifique spectacle que m’offre dame nature :=) Je me réveille au son du réveil de mon portable mais je vois bien que je n’ai pas récupéré … Pour la première fois depuis le début de la course, je décide d’aller jeter un œil sur mon téléphone et je suis sidérée par tous les messages de soutiens et d’encouragements !!! J’échange même quelques textos en live avec Jean Phi (je repense d’ailleurs à ce qu’il disait à propos du sommeil : « c’est comme le moral, c’est en dent de scie et ça finit par revenir… » Bon, chez moi, le peps tarde vraiment à revenir ;-) ) Je verse une larme, toute émue, en éteignant mon téléphone ; je ne vous le dirai jamais assez MERCI !!! A ce moment, je sais que ça va être difficile mais je n’ai plus de doutes, j’irais au bout !!!
Vu mon rythme proche de celui d’une limace, je prends plaisir à admirer toute cette nature qui m’entoure et je me dis que je pourrais faire un sacré herbier sur cette île !!! Je me remémore la variété d’espèces végétales et de paysages que j’ai rencontré depuis le début et j’ai l’impression que ça fait des semaines que j’ai pris le départ (à croire que ma micro sieste n’a pas été bien efficace ;-)

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Tant bien que mal, à bout de fatigue et en marchant, je finis par arriver à Sans Souci avec beaucoup de retard sur les prévisions (4 heures au lieu de 2) ; mais remontée à bloc pour la suite =) Je n’aurai décidemment pas assurée pour les descentes sur ce Grand Raid ;-)

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Une fois de plus, les bénévoles sont aux petits soins et très motivants ; « Allez, plus que 6 km jusqu’à Halte Là, 2 de descente, 2 de plat et 2 de montée. Par contre, il fait très chaud, vous n’avez pas de casquette ?? » Euh j’ai dû la perdre dans la bataille ;-) pas de souci, une bénévole m’offre la sienne et me tends une assiette pleine de bonnes crêpes ; What else ?? Je me ravitaille plus que de raison !! Que c’est bon de manger autre chose que des barres de céréales, des compotes et de la soupe de pâte !! A ce sujet, je dois être la seule coureuse du Grand Raid à avoir pris quelques kilos pendant la course !!! Autant le manque de sommeil me ralentit mais coté alimentation, tout est ok et l’appétit est là !!!
Je repars sans trop traîner vers Halte Là où j’ai prévu de faire une pause plus longue pour me doucher, me changer et me faire masser (mes jambes sont bien tendues à présent !!)
Je ne remercierai jamais assez la personne qui m’a offert sa casquette !!! La chaleur est insupportable lorsque je traverse la rivière des galets !!

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J’arrive à Halte Là au 139ème kilomètre vers 10 h 00 du matin, en 35 h24, 265ème et 8ème SEF. Un beau morceau de passé !! C’est la dégringolade côté classement mais cela ne m’étonne pas vu le rythme escargot dans la descente du MaÏdo et honnêtement, cela n’a plus aucune importance à mes yeux car finir, c’est déjà un exploit que d’être encore en course à mes yeux =) Je prends mon temps (pour changer sur les ravitos) et une bonne heure plus tard, me voilà rafraîchie, massée, ravitaillée (jamais autant apprécié un rougail saucisse !!).

Un brin de folie : en mode je repars de 0 !!

Allez savoir ce qui se passe dans ma tête … j’ai la folie de me dire qu’après tout il ne reste « que » 34 km/2000 D+, que je ne veux plus ressortir la frontale et que je n’ai qu’à faire comme si j’étais au départ du Trail des Baumes de Venise (et oui, c’est celui-là qui m’est venu à l’idée !!). Là, je commençais vraiment à manquer de lucidité !! Hop, hop en 5 h/6 h l’histoire est bouclée !! Me voilà donc, musique à fond, à grandes enjambées dans la montée suivante, doublant le plus de coureurs possible (c’était une obsession, dès que je voyais quelqu’un devant, une seule idée, doubler !!), donnant le maximum en jonglant entre les lianes et m’agrippant aux arbres du chemin Ratineau !! Je m’imagine dans un jeu vidéo, quel régal =) Un coureur réunionnais me met pourtant en garde « ce n’est pas encore la Redoute !! Soit tu es très forte, soit tu fais une grosse bêtise !! » … il s’avèrera que je ne suis pas très forte …
J’arrive à la Possession conquérante et tout sourire, accueillie par Yo (bouffée d’oxygène n°5) surpris par mon enthousiasme ;-) Je profite de l’effervescence puisque le 1 er du Trail du Bourbon arrive en même temps que moi au ravito =)
Comme je commence à avoir assez mal à la voute plantaire et les pieds pas mal échauffés, je décide de changer de chaussettes (pour le 6ème fois depuis le début) mais je n’ai plus de compressions et opte pour des chaussettes basses classiques ; aïe, encore une erreur que je paierais plus tard.
Pour le moment, tout va bien et je repars en trottant avec Yo (qui me donne des nouvelles de Nico et Guillaume) sur la portion de bitume qui nous mène au « fameux » chemin des Anglais. Tant redouté des coureurs car en pleins cagnard et formé de dalles volcaniques assemblées n’importe comment et traversant plusieurs ravines. Bref, un grand puzzle mal emboité !! J’y suis rejointe par Arnaud (qui a fait la Mascareignes) et Julia (de Courir en Uzège) ; on discute en marchant de la course d’Arnaud et le temps passe plus vite ; il est temps pour eux de me quitter (merci à eux pour ce moment partagé). Je rattrape un sympathique coureur avec qui nous faisons la portion qui nous mène à la Grande Chaloupe ; c’est son 3ème Grand Raid et le plus difficile selon lui. Il veut absolument en finir au plus tôt car il a un avion à 21 h ; ça tombe bien, j’ai plus de piles dans ma frontale ;-) il me propose de l’accompagner jusqu’à l’arrivée.

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Arrivée à Grande Chaloupe en grande pompe vers 15 h 30, au 159 ème kilomètre, en 250ème position et 7 ème SEF, accueillie par Mag, Maelou et Nina ; toujours en mode euphorique, on plaisante lorsqu’un caméraman vient me questionner pour connaitre mon point de vue sur le rôle des bénévoles tout au long du parcours. Mais mon lièvre n’est pas là pour rigoler, n’oublions pas qu’il a un avion à prendre ce soir !! Le caméraman s’en amuse et continue de l’interviewer pendant que nous repartons en petite foulée. C’est le plus rapide de mes arrêts ravitos !!

Fin de parcours en mode : descente aux enfers !!!

C’est dans la dernière ascension que je vais avoir le revers de la médaille de mon emballement des dernières heures =) Le soleil continue de taper, j’ai très chaud, je n’ai pas rechargé mes flasks pensant que j’arriverais rapidement et je n’ai rien pris à manger non plus … En plus, ce satané sommeil me retombe dessus brutalement. En quelques minutes, tout bascule, je commence à ressentir des picotements bizarres dans les chevilles et les genoux et j’ai l’impression d’avoir les dessous de pieds à vif. Je pense que tout cela vient du fait que j’ai enlevé mes chaussettes de contention en fin de parcours (comme quoi, c’est vraiment efficace). Je m’engueule moi-même : « on t’avait prévenu, le secret de l’ultra, c’est la régularité !!!! ». Je fais comprendre à mon compagnon de course que je ne tiens plus le rythme et je le vois me distancer inexorablement…
Voilà que les larmes me montent aux yeux sans que sache vraiment pourquoi et au moindre encouragement du public ; je dois vraiment faire peine à voir car au lieu des « bravo, quelle fraicheur !! », j’ai droit à des « courage » pleins de compassion. J’arrive à peine à marcher droit lorsque je croise Yo sur la portion de bitume au pied de la dernière portion de montée (à ce stade sa présence n’est plus une bouffée d’oxygène mais carrément une bouée de secours !!!!). Je pleure sans cesse et lui dit qu’il faut absolument que je dorme avant d’entamer la dernière descente vers le stade de la Redoute. Le soleil se couche et me voilà obligée de sortir à nouveau ma frontale ; Yo change mes piles (il assure à fond). Lorsque je le quitte, j’ai vraiment peur pour la suite car je ne suis vraiment plus du tout maitre de mes appuis (je dors littéralement debout) et je sais à quel point la dernière descente est technique. Dans un élan de désespoir, j’appelle ma maman qui tente de me remotiver, je l’écoute en pleurant toujours (elle m’apprendra plus tard que mes propos étaient complètement incohérents et qu’elle était morte d’inquiétude en raccrochant !!)
Bref, je parviens enfin à me trainer jusqu’au sommet du Colorado où je suis récupérée par Yo qui ne devait m’attendre qu’à l’arrivée mais qui n’était vraiment pas rassuré en me laissant partir précédemment. « Je veux dormir !!!!! » ; « Mais Aude, il ne reste que 3 km de descente, tu y es, c’est bientôt la fin !! » A ce moment, arrive le coureur avec qui j’avais gravi le Maido qui ne me laisse pas vraiment le choix et qui m’embarque avec lui. « Allez, on trotte !! » ; « Non, mais ça va pas, j’arrive même pas à marcher droit !!! » Quel boulet j’étais quand j’y repense.
J’ai beau rassembler toutes les pensées positives que mon cerveau peu encore projeter, je suis physiquement incapable de courir, je n’ai plus rien, plus aucune énergie, panne sèche !!!… Je lui dis de filer s’il veut arriver en moins de 45 h.
Je mettrai presque 1 h 30 pour faire les 3 derniers kilomètres !!! Je n’ai que très peu de souvenirs de cette descente, je pense que je dormais ;-)
Soudain, je vois une grande ombre au détour d’un virage : « Tonio, c’est toi ?? » C’est lui !!! « Je ne suis pas dans mon duvet au fin fond de Mafate en train de rêver au moins, c’est bien toi ?? » ; « Oui et dans 10 minutes, tu es au stade !! » Je tombe dans ses bras si rassurants en pleur (pour changer) ; « Allez, on y va ensemble !! »
A ce moment, je me rends compte que le corps humain a des ressources insoupçonnées, je me remets à marcher de manière dynamique et parvient même à trottiner le long de la rue qui mène au stade !!! « Allez, en moins de 45 h Aude ; accroches toi !!! »
Je pénètre dans le stade sous les applaudissements, tout se mélange un peu, Mag, Maélou,Nina, Yo, Céline, Tonio, et Ludo bien sûr !! Je suis sur un petit nuage, je n’ai plus mal, plus sommeil, je ne pleure plus !! Je l’ai fait, j’ai SURVECU !!

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Je termine donc en 44h57 ; en 261éme position, 16ème fille et 6ème SEF avec le sentiment d'être allé au bout d'un rêve.
Nico terminera en 53 heures, à lui de vous raconter son voyage =)

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Et surtout un grand bravo à tous les fous au départ de cette course dantesque !!!

16 Commentaires

  1. nouveltnouvelt11-18-2014

    Je savais que c’était extrêmement dur, et ton récit nous le confirme ! Ces phrases m’ont fait frémir ! Je suis admiratif ! Quel exploit ! Je ne peux que vous féliciter encore une fois ! :idea: :idea: :idea:

  2. TocheToche11-18-2014

    un récit fantastique qui nous plonge bien dans ta course et dans ta tête

    félicitations et un grand bravo

    et merci d’avoir partagé ton voyage avec nous !!!!!!

    toche

  3. RomainRomain11-18-2014

    Eh ben, t’en avais des choses à raconter! Heureusement que t’as pas fait, le Tor, JPhi aurait été obligé de créer un site entier pour ton récit :razz:
    Encore bravo pour ta belle course “façon limace”! Je pense que malgré tout, tu as super bien géré ta course et que çà augure du bon pour tes prochains ultras ;-)
    En tout cas, moi çà me conforte dans mon objectif de faire du long! :idea: Les quelques courses de plus de 40km ou 6h que j’ai faites, m’ont laissé des supers souvenirs, et plus j’en rajoute plus c’est bon!
    Bravo à tout les deux :lol:

  4. CristelleCristelle11-18-2014

    Merci Aude pour ce magnifique récit, c’est très très émouvant…
    On s’imprègne bien de la difficulté et de la souffrance que tu as ressentie.
    Un énorme bravo ! :idea:

  5. yvonyvon11-18-2014

    Bravo Aude, beau récit cohérent d’une course folle, fier de te connaitre.

  6. JphiJphi11-19-2014

    Magnifique CR comme d’hab, à la hauteur de ta course ! Vous vous en êtes bien tirés tous les deux, un grand bravo pour votre mental d’acier. Bienvenue dans le monde de l’ultra !
    On attend les impressions de Nico maintenant… :)

  7. RoxaneRoxane11-19-2014

    Malgré les doutes et la souffrance endurée, il te restera le souvenir de ces magnifiques paysages et le bonheur d’avoir terminé cette course mythique … Un immense bravo à tous les deux :idea:

  8. YoYo11-20-2014

    Ha super recit Aude, ca me replonge dans cette course surnaturelle !!!
    C’était une superbe expérience que de vous suivre !!!
    A moi de jouer l’année prochaine …
    Encore bravo.

  9. ChristineChristine11-21-2014

    Quelle magnifique aventure ! Quelle émotion en te lisant ! C’est fabuleux ce que tu as vécu. Encore un très très grand Bravo.

  10. audeaude11-21-2014

    Merci beaucoup à vous ! Bon, l’an prochain, promis je fais plus court :razz: tu comptes faire le GRR en 2015 Yorrick ? :idea: Elle devrait vraiment exister la CTC Airlines ; hein Jean Phi ? ;-)

  11. Jean-ClaudeJean-Claude11-22-2014

    Énormément d’émotion en lisant et relisant ce CR, vraiment une très belle aventure jusqu’au limite de son corps……
    Félicitations à tous les deux, je crois que vous avez déjà pris le RDV pour 2015 !!! :idea: :idea:

  12. philfrancoisephilfrancoise11-23-2014

    A la lecture on vibre , on pleure puis on cogite … Alors RDV pris pour l’an prochain :razz:
    Encore un énorme bravo championne de l’ultra ! sans oublier Nico :lol:
    Françoise

  13. IsaandpatIsaandpat11-23-2014

    Bravo à vous deux .
    DES vrais champions!!
    Etre finisher sur ce parcours mythique c’est bien là l’essentiel.
    L’ultra ce nest plus 1 course mais 1belle et tres forte aventure et on en reveut..
    GO pour l’année prochaine à la DIAG…
    ISA

  14. JimmyJimmy05-29-2015

    superbe récit, bravo à vous!
    j’étais à la verticausse 2015 et accessoirement je vous est croisé à la piscine de votre hébergement , sans savoir qui vous étiez (oui parce que j’ai honte au vu de votre palmarès)
    j’ai terminé 294° de cette diagonale qui fut ma première et j’y retourne cette année!

    au plaisir de vous rencontrer sur un prochain trail,
    bonne continuation! :grin:

  15. AudeAude05-31-2015

    Il me semblait bien avoir vu passer un “j’ai survécu ” ;-) Bravo pour ta diagonale, c’est unique comme expérience et je crois qu’on y revient tous une seconde fois

  16. olivierolivier07-13-2015

    A la lecture du récit, on s’y croirait.
    Excitant, émouvant, terriblement dur, ouah.
    Je fais le GGR cette année et j’espère avoir autant de courage que toi. Bravo, bravo et encore bravo pour ton GRR.
    olivier

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